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Edito
Attention, édito à haut risque !
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Certains disent que pour éviter les conflits lors des repas de famille, il vaut mieux éviter les sujets qui fâchent et surtout ne pas parler politique. Si vous êtes de ceux-là, alors ne lisez pas la suite.
En ce début d'année, les Français découvrent que ceux qui sont sensés les nourrir peinent à nourrir leur famille, broyés par l'administration, les normes et la guerre des prix. Que demandent-ils ? Vivre dignement de leur travail et que ce dernier soit payé à sa juste valeur. Comment ne pas trouver cela normal ?
Laissez-moi tenter un parallèle hasardeux et un brin capillotracté avec notre profession. Si la nouvelle convention mise en place fin février prône une revalorisation des actes conservateurs, force est de constater que le compte n'y est toujours pas. Surtout si vous êtes empreint de travail dans les règles de l'art et selon les données actuelles de la science. Les soins conservateurs sont toujours aussi sous évalués sauf à ne soigner que des enfants ou des jeunes adultes et encore à les soigner vite ! Et comme les actes prothétiques sont aujourd'hui en grande partie plafonnés (l'historique compensation (le péché originel !) ne pouvant plus être la solution) se pose (ou s'est posée) à nous la fameuse question de la juste valeur du travail effectué. A longueur de conférences ou de discussions sur les réseaux sociaux, nous sommes enjoints à exploiter la CCAM jusqu'à plus soif. Or, si chacun est libre de trouver cela logique ou normal et d'appliquer (ou non) ces cotations (qui sont parfois sans aucun rapport direct avec le soin effectué), pour certains, pour qui le serment d'Hypocrite Hippocrate est encore vif et qui ont à coeur de bien faire, subsiste un blocage psychologique qui, au-delà de la perte financière, peut pousser à douter de soi et de ses capacités professionnelles (syndrome de l'imposteur).
Pour ceux-là, voici la solution : se former, élever le niveau qualitatif des soins effectués, communiquer sur ses compétences. Cela aura 2 vertus : vous décomplexer de demander une rémunération plus en rapport avec l'acte effectué... et vous permettre de vous faire simplement plaisir au travail, sans arrière-pensée, et c'est peut-être cela le plus important.
Karim Nasr
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