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Edito
Réconcilier les deux mondes
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On parle souvent du monde universitaire et du monde libéral... On les oppose souvent, à tort. On met en avant le décalage qu'il peut y avoir entre une formation académique et le quotidien des praticiens de cabinets. Ce fossé se creuse d'autant plus que les conditions d'admissibilité aux carrières hospitalo-universitaires (HU) sont de plus en plus contraignantes avec des profils devant être des enseignants pédagogues, des chercheurs à la pointe de leurs thématiques et bien sûr des cliniciens hors-pairs. L'enseignant chercheur doit également aujourd'hui être passé par un internat de 3 ans, puis un clinicat, et accepter l'exercice HU temps plein (en renonçant à l'exercice de ville). Les profils ayant réussi à braver ce parcours du combattant et s'engageant avec enthousiasme dans cette voie, forment la jeune génération de chirurgiens-dentistes dans leurs années de pré-cliniques et dans les années cliniques, avec comme moteur l'envie de transmettre et d'accompagner des étudiants.
Cet accompagnement s'opère pour toutes leurs "premières fois" (premières anesthésies, ALR/Spix, premiers soins, premières avulsions (...) premier rapport avec les patients !), mais également un accompagnement sur la réflexion pour des plans de traitements de patients au contexte médical et/ou bucco-dentaire lourd... Puis vient le fameux diplôme de fin de 5ème année, le CSCT... qui une fois validé donne le droit de travailler hors hôpital, tout en continuant de garder un pied à la faculté et à l'hôpital. Cette transition douce permet de s'enrichir de l'expérience des praticiens accueillant les futurs-confrères mais également de pouvoir échanger avec leurs enseignants sur les différents protocoles, qui les interrogent parfois (car différents de ceux enseignés). Le futur praticien s'ouvre également à tout un environnement inconnu jusqu'à présent, avec des agendas bien calibrés, une ergonomie bien huilée, et des contraintes administratives et managériales diverses et variées. En ce sens, l'ouverture à l'exercice de ville en fin de cursus ne permet pas de tirer un trait sur le socle de connaissances acquis lors de toutes ces années d'études, mais au contraire de confronter le jeune confrère (ayant acquis des bases de réflexions cliniques) à des approches et points de vue différents et ainsi lui permettre d'avancer dans sa carrière.
Le jeune praticien souhaitant continuer à se former (c'est d'ailleurs une obligation) n'hésite pas à revenir sur les bancs de la faculté pour faire des DU ou des CES. L'offre de formation privée est également aujourd'hui croissante et des labels de qualité permettent aux praticiens de choisir une formation complète et qualitative, à l'image de ce que nous cherchons à vous proposer en continu à l'Académie du Sourire. En résumé, il n'y a que très peu de ruptures et de contradictions dans l'apprentissage de notre métier. Notre formation est un parfait continuum entre la formation académique de base, l'expérience du fauteuil et l'enseignement continu, qui tous ensemble nous permettent de rester des praticiens conscients, éclairés et passionnés par notre métier.
François Reitzer
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